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Téléphonie mobile: un rapport parlementaire minimise les risques sur la santé
Un rapport parlementaire s'insurge contre tout "alarmisme excessif" en matière d'effets de la téléphonie mobile sur la santé et estime que la règlementation en vigueur "garantit des niveaux d'exposition protecteurs", alors qu'un rapport scientifique a préconisé une réduction des expositions.
En moins d'une décennie, la moitié de l'humanité s'est équipée d'un téléphone portable (91 % de la population en France), mais des inquiétudes persistent quant aux effets sanitaires des antennes relais. Ce paradoxe est au coeur du rapport du député UMP de la Somme, Alain Gest qui comprend 4 chapitres: le premier, de portée pédagogique, rappelle les principales notions de physique et de biologie nécessaires à la compréhension des interactions entre le corps humain et les ondes électromagnétiques. Le deuxième chapitre expose l'état contrasté des connaissances scientifiques.
Le rapporteur a auditionné 150 personnes "sans exclusive et sans a priori". Selon lui, une majorité de chercheurs affirment, de façon prudente, l'absence d'un risque sanitaire avéré, avec 10 ans d'usage, les études manquant pour des périodes plus longues. "En revanche, on peut constater un quasi consensus sur l'innocuité des antennes relais", affirme Alain Gest.
Dans le troisième chapitre, faisant état des constatations qu'il a pu faire à l'occasion de ses déplacements à l'étranger, le rapporteur indique que les mêmes controverses s'y retrouvent également en partie. En revanche, aucun pays n'a autant insisté que la France sur la dimension sanitaire de la problématique du téléphone mobile. Jusqu'à ce jour, aucune juridiction n'a prononcé le démantèlement d'une antenne relais ni interdit son installation sur la base du principe de précaution. Mettant en avant la transparence du système français de mesure, il récuse la possibilité d'appliquer le principe de précaution aux antennes relais de téléphonie mobile, ce qui serait "maximaliste". Il préfère un simple "principe d'attention", fondé sur une meilleure concertation et l'information des populations.
Enfin, dans le quatrième chapitre, le rapporteur formule des recommandations qui visent à poursuivre l'effort de recherche et d'innovation et à parvenir à une gouvernance efficace.
Pour les personnes se disant "hyperélectrosensibles", Alain Gest rappelle que rien ne permet de relier leurs symptômes à une exposition aux champs électromagnétiques, mais suggère de verser des subventions aux associations qui les aident, comme en Suède. Le rapport souhaite que l'on développe les études, sur les effets à long terme mais aussi sur les travailleurs exposés aux radiofréquences ou sur les problèmes rencontrés par les personnes hyperélectrosensibles. Une taxe de 0,50 euro sur chaque téléphone vendu en France pourrait aider à financer ces recherches.
Il imagine aussi d'inciter les fabricants à produire un téléphone portable sans haut parleur et avec oreillette rétractable. Il recommande également de développer des technologies permettant de focaliser les rayonnements du wifi "uniquement vers les objets dont on a besoin". Il suggère enfin que le DAS (débit d'absorption spécifique, qui définit le niveau d'exposition) soit apposé sur le téléphone lui-même.
Le rapporteur appelle également de ses voeux la mise en place "une vigoureuse politique de communication sur les risques", avec "l'inclusion de points réguliers sur les niveaux d'exposition dans les programmes télévisés", comme les points sur le trafic routier.
Il suggère enfin l'assujettissement de la demande d'installation des antennes relais à la procédure du permis de construire, qui empêcherait le maire "d'invoquer inopportunément le principe de précaution" et éviterait tout "climat de fronde".
Le député PS François Brottes, qui préside le comité opérationnel en charge des expérimentations dans le cadre du "Grenelle des Ondes", a estimé que cette proposition, qui met les maires "en première ligne", était "prématurée".
Les associations Priartem (Pour une Réglementation des Implantations d'Antennes relais de Téléphonie mobile) et Agir sur l'environnement ont dénoncé dans un communiqué un "rapport politique qui préconise un statu quo inacceptable en matière de seuils d'exposition ».