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Réaction de Pierre Jarlier suite à la décision du Conseil constitutionnel d'annuler son élection

12/06/2015

Réaction de Pierre Jarlier suite à la décision du Conseil constitutionnel d'annuler son élection

« Le Conseil constitutionnel a décidé le 11 juin d'annuler mon élection du 28 septembre dernier aux fonctions de Sénateur et de mon inéligibilité à toute nouvelle élection pour une année, comme je le redoutais au regard d'une jurisprudence très sévère.

Cette décision fait suite au rejet de mes comptes de campagne par la Commission en charge de l'examen des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Les faits qui me sont reprochés sont l'avance de certaines dépenses par carte bleue personnelle pour éviter une créance, notamment chez les restaurateurs.

En effet, la banque ayant refusé de délivrer à mon mandataire une carte bleue et, ne souhaitant pas utiliser des chèques en blanc ou encore moins un paiement en espèces, j'ai dû régler comptant ces dépenses qui ont fait l'objet, en toute honnêteté, d'une inscription dans mon compte de campagne.

Ces seuls faits ont été considérés comme un manquement d'une particulière gravité par le Conseil constitutionnel conduisant à une sanction que je n'ai pas le sentiment d'avoir méritée.

Une campagne de proximité comme celle des élections sénatoriales notamment, nécessite de nombreuses rencontres avec les grands électeurs. Elles se traduisent par des réunions, des déjeuners ou des dîners qui occasionnent des dépenses dont le règlement immédiat s'imposait à mon sens.

Procéder de la sorte ne relève donc d'aucune volonté de faute mais au contraire d'un souci de respect des règles usuelles de paiement de la part d'un élu, surtout dans le contexte actuel de défiance de l'opinion vis à vis du monde politique.

Aucune interprétation des textes ne permet visiblement de tenir compte de cette réalité particulièrement justifiée en milieu rural, c'est regrettable, d'autant que je n'ai commis aucune faute morale et que ma bonne foi n'a pas été remise en cause.

Notre République est malade certes et la moralisation de la vie publique est absolument indispensable, je milite pour cela au quotidien. Mais je crains sincèrement que mon exemple ne soit contreproductif et suscite plutôt une réelle incompréhension.

Cette épreuve très douloureuse met un terme à mon mandat parlementaire que j'ai conduit avec passion au service du Cantal en défendant sans relâche nos territoires de montagne et en soutenant les projets locaux avec le souci quotidien de l'écoute attentive des préoccupations des élus.

Je garde néanmoins l'immense satisfaction d'avoir gagné cette élection le 28 septembre dernier grâce à la confiance renouvelée de la majorité des grands électeurs dès le 1er tour du scrutin. C'était pour moi un encouragement fort à poursuivre mon action à Paris comme dans le Cantal au service de notre territoire, de ses élus et de ses habitants.

Je reste déterminé à agir avec toutes les forces vives de ce département pour faire avancer le Cantal. »

 
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